sophie wilkins.

« Chang est une coche au-dessus ».

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Vos œuvres sont monumentales, très impactantes. Nous ne sommes jamais indifférents lorsqu’on est devant. Expliquez-nous, par exemple, le processus de création pour « Kwanita » ?

Kwanita fait partie d’une série de tableaux sur les animaux Totem. Dans cette série, j’ai voulu mettre l’emphase sur les animaux près de chez moi. C’est après une visite dans la demeure d’un chasseur, qui s’est avérée plutôt traumatisante pour moi de voir toutes ces bêtes empaillées et exposées au mur, que j’ai voulu leurs rendre hommage. Kwanita est un prénom Nord-Amérindien qui signifie « les esprits sont bons ». Le personnage s’entoure des forces que représentent chacun de ses animaux.

Vous réussissez toujours à donner un nom à vos tableaux ou murs ?

Ahhh, les titres de tableaux, souvent ils viennent de par eux-mêmes sous formes de prénoms, parfois ils demandent un peu plus de recherches et je me casse la tête, dans ces moment-là  je fais participer mon fils.

On est tombés amoureux de « Les guides rouges », « La reine des profondeurs », « Kotori », « Chang », « Les jumeaux » ou « Isabelle la rebelle ». Parmi toutes vos œuvres, quelles sont celles qui vous ont procuré le plus d’émotions ?

J’ai eu beaucoup de plaisir à mettre en image ma vision du roman de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles. Je vous dirais que la plupart de mes tableaux me font vivre beaucoup d’émotions lors de l’exécution, mais Chang est une coche au-dessus. C’est à  mon retour de Thaïlande, suite à une journée passée dans un refuge d’éléphants qui ont été maltraités, que j’ai eu l’idée de faire ce tableau. J’ai d’ailleurs utilisé de la poudre de charbon, un médium que je me suis procuré dans ce pays et chaque trait que j’appliquais me faisait replonger dans ce moment magique vécu avec cet animal fantastique.

L’un de vos films préférés est Big Fish de Tim Burton, une occasion de lui rendre hommage dans vos peintures ?

L’univers de Tim Burton me fascine, un hommage à ce film en peinture, peut-être un jour.

Vous peignez souvent avec l’artiste Anik Favreau, racontez-nous votre rencontre ?

Anik c’est une amitié qui dure depuis 20 ans. Nous avons fait nos études en arts plastiques ensemble et l’une comme l’autre sait s’adapter au style de chacune. On se partage des contrats, principalement les « murales », tout simplement parce que c’est plaisant de travailler ensemble.

Une journée avec Sophie Wilkins, c’est…

La plupart du temps ça commence par un lever à 6h30, café, passer une heure avec Maël, mon fils, avant son départ pour l’école, 2e café, me réfugier dans mon atelier, répondre à des courriels, peindre jusqu’au retour de Maël vers 16h30,  apéro, prendre un petit spa sur ma terrasse, promenade avec le chien, soirée entre amis ou famille sinon (et cela arrive fréquemment) de retour dans l’atelier jusqu’aux petites heures du matin.

Racontez-nous votre passage au festival Underground Effect 2 l’année dernière ?

J’ai adoré les 10 jours que j’ai passé à Paris. J’en garde un très beau souvenir. C’est un magnifique festival, les organisateurs sont forts sympathiques et j’ai vraiment reçu un bel accueil. Cela a été un réel plaisir de peindre avec tous ces artistes de talents et ça m’a permis de faire de belles rencontres.

Est-ce qu’il y a un artiste de votre région, le Québec, pour qui vous avez de l’admiration ? Qu’est-ce-qui vous plaît dans son travail ?

Dominic Besner est pour moi un grand peintre de chez nous. J’adore son travail, c’est d’ailleurs le fait  que je me suis retrouvée devant son art dans une galerie quand j’étais plus jeune, qui m’a donné le goût de faire de la peinture. Avec le temps on s’est rencontrés à l’occasion et on est devenu amis. Son art est tout en texture et en couleurs et son univers mystérieux lui est propre.

Il semble que vous soyez fortement influencé par Frida Kahlo ou Salvador Dali. Pour leurs techniques et leurs imaginations ?

Adolescente, je redessinais les peintures de Dali. J’étais tout simplement subjuguée par sa technique et son imagination au même titre que le peintre René Magritte. Pour Frida, c’est une autre histoire, je me sens proche du monde qui l’habitait intérieurement. Sa relation avec la nature, les animaux, ses déchirements. Ses tableaux me font vivre beaucoup d’émotions. J’ai peint quelques hommages à Frida, cette histoire a d’abord commencée par une demande de participer à une exposition collective de femmes peintres dans une galerie à Montréal. Le thème étant de peindre une femme que l’on admire. C’est à ce moment qu’est née ma série sur Frida.

Vous avez une passion pour les animaux que l’on ressent dans vos tableaux. Lesquels n’avez-vous pas encore peints ?

En ce moment, je peins une série sur les animaux en voie de disparition de chaque continent. J’ai vraiment mais vraiment du mal à comprendre la bêtise humaine pour l’attrait du gain et de n’avoir aucun respect pour la nature qui nous entoure. Mère nature est mon principal sujet dans mes tableaux et la relation d’unité avec chaque élément qui nous entoure. On pourrait tellement, mais tellement faire mieux sur notre planète. Mais bon là je m’éloigne du sujet… ahah. Je dirais que j’en ai peint plusieurs et qu’il m’en reste encore beaucoup à découvrir !

Un jour, y aura-t-il un yak dans vos œuvres ?

Une amie m’a fait découvrir cet animal de l’Himalaya, qu’elle a croisé lors de son voyage au Népal. Je le trouve magnifique, alors sûrement qu’un jour il trouvera sa place dans l’une de mes œuvres.

Chez autopsiart, notre chien s’appelle Rémie Deneuve (#RemieDeneuve). Vous avez un animal de compagnie ?

J’ai un chat, un poisson et un merveilleux petit chihuahua qui s’appelle Frida 🙂

Qui sont vos super-héros ?

Mes super-héros sont ceux qui sont capables de faire don de soi pour de bonnes causes, ceux qui ne se laissent pas marcher sur les pieds par peur, ceux qui vont au bout de leurs rêves, ceux qui se relèvent quand la vie les amène à tomber… Et je viens de voir le film de Wonder Woman, elle est quand même pas pire (mal) elle aussi.

Que trouve-t-on dans votre boîte à outils ?

Pinceaux, peintures à huile et à l’acrylique, crayon de plomb, fusain, feuille d’or et d’argent, compas, règle, appareil photo, café, vin, musique… Frida, mon chien.

Votre plus mauvais dessin (mur et/ou print) ?

J’ai repeint par-dessus.

Quels sont vos projets pour cette fin d’année ?

J’ai été très occupée cette année, au printemps j’ai fait un vernissage solo et cet été une grande « murale ». Je suis présentement dans une période de création pour une future exposition et je planifie partir un mois en voyage durant la période des fêtes pour me ressourcer avec mon amoureux.

Un grand poète québécois a écrit : « seule sur le sable les yeux dans l’eau, mon rêve était trop beau… ». Quel rêve pourrions-nous vous souhaiter de réaliser un jour ?

J’ai la chance de peindre tous les jours et de vivre de ma passion. Me souhaiter que cela se poursuivre et peut-être un petit chalet au bord d’un lac en plus.

Sur une île déserte, vous emmèneriez : la dernière compilation de Robert Charlebois, un kit de survie ultime signé Bear Grylls ou vos pinceaux ?

Ma boîte à outils !

Avez-vous une recette thaïlandaise pour nous ?

J’ai la chance d’avoir un amoureux passionné par la cuisine, c’est à lui qu’il faudrait demander.

Si je vous dis autopsiart…

Voir plus loin que l’image présentée sous nos yeux.

Quelle est la question que je ne vous ai pas posée, à laquelle vous aimeriez répondre ?

Hum… Peut-être  qu’elle est votre citation préférée?  « Qui crée dans la vie meurt en souriant » et « Soyons réalistes, exigeons l’impossible » du Che.

(Certaines questions ont été inspirées par l’interview de Sophie Wilkins donnée à Klassik Magazine)