sébastien david.

« Montrer que l’on peut-être ambivalent et même à l’opposé de ce que les gens voient de nous au premier abord. »

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On doit dire qu’on a été saisis par votre coup de crayon. Pour un « dessinateur amateur » (tel que vous vous définissez), on trouve que le terme est très mal choisi. Allez, proposez-nous autre chose.

On m’a souvent fait le reproche d’écrire cela me concernant, pourtant, c’est le qualificatif qui me définit, j’ai un travail par ailleurs, je ne suis pas professionnel, et quand je me compare aux artistes, aux artistes qui exposent, je me trouve « léger ». Non, « dessinateur amateur », c’est pour l’instant ce que je suis. Allez, pour vous faire plaisir : « dessinateur autodidacte ».

Évasion, nature, portraits, animaux, vos œuvres sont très variées. Qu’est-ce qui vous inspire ?

Avant tout, la beauté, j’aime les belles choses, les jolies formes, les choses qui accrochent l’œil, les choses qui me posent des problèmes techniques et auxquels il faut que je réfléchisse pour réussir à les faire. Le défi technique, la mise en danger me plaît. C’est vrai que j’aime à peu près tout dessiner.

Vous utilisez le crayon de bois en grande partie mais également l’aquarelle. Qu’est-ce que cela a apporté de plus à vos dessins ?

L’aquarelle me plaît beaucoup et j’aimerais en faire beaucoup plus, mais ma piètre technique me limite. Quand je regarde les grands aquarellistes travailler, je suis pantois, admiratif et je me demande à chaque fois comment ils font. J’aime aussi la couleur, c’est pour cela que comme pour la place Louis XVI de Saint Jean-de-Luz, j’ai essayé les crayons de bois couleur. Et cela me plaît bien.

« Le vieil homme barbu » est-il inspiré de l’œuvre de Lee Jeffries ? On doit dire qu’on est resté figés sur son regard. Très belle œuvre.

Il plaît beaucoup, je n’ai pas été inspiré par quelqu’un en particulier, j’imagine un homme en fin de vie qui a vu beaucoup de choses, son regard est chargé d’honneur, de force, de sagesse, de fatigue… de lassitude. Ce dessin me parle, il a été un cap dans ma façon de dessiner, depuis, je m’y réfère en permanence. Il est parti en Belgique, il doit y être bien.

Quelle place tiennent les portraits ? Certainement une place importante au vu du nombre, mais à quel point ?

Les portraits sont une bonne école de dessin je trouve. Je dessine à main levée, sans repère et pour les proportions, c’est intéressant, en plus les beaux modèles ne manquent pas et sont une source intarissable.

J’adore travailler sur les ombres et la lumière et sur les portraits cela est très propice à donner de la profondeur au visage. Je me régale à les dessiner et je sais quasiment dès le départ si cela sera un beau dessin ou s’il sera fade.

Votre métier se ressent dans vos œuvres. C’est une volonté de faire partager votre quotidien ?

J’ai commencé à dessiner tout petit, puis à l’armée, j’ai dessiné ce que je voyais dans un carnet quadrillé à spirale tout petit, c’était facile, mais par la suite les événements de la vie ont fait que je n’ai plus eu envie ni même parfois le temps.

J’ai par exemple eu un blanc de près de 12 ans sans dessins. Plus d’envie, plus de besoins. Quant à mes dessins, je ne dirais pas que c’est une volonté de partager mon quotidien car les dessins ne le feraient pas, ou alors en surface, comme des affiches vides.

Un autoportrait : pour améliorer votre technique ?

L’autoportrait parce que c’est tiré d’une photo prise par une photographe professionnelle dont j’ai fait la connaissance à l’occasion d’un entraînement préalable à une projection en opérations extérieures, je l’ai trouvée jolie donc je m’y suis risqué.

Sébastien David deviendrait-il célèbre ? On s’est laissé dire que maître Dupond-Moretti vous avait passé commande…

Ce dessin m’a été demandé par le papa d’une jeune femme étudiante en droit dont l’idole était maître Dupond-Moretti. Je ne sais pas si lui-même sait que je l’ai dessiné. Il me ferait peut-être un procès et là, je ne suis pas sûr de gagner. Quant à devenir célèbre, je n’ai pas cette prétention, je sais que mes dessins plaisent, j’en suis extrêmement étonné et particulièrement ravi.

Pour être franc, je suis à un âge de ma vie, où je commence à penser à une activité d’après mon activité actuelle qui est très prenante, usante, exigeante et vivre de mes œuvres me plairait particulièrement. Pourquoi ne pas être exposé dans une galerie, cela me plairait beaucoup.

Dans l’équipe, Yak aime beaucoup le Mustang P-51 et Kong, Remie apprécie plutôt La danseuse étoile et autopsiart adore « l’abstrait » du couple et de la lumière. Racontez-nous leurs histoires.

Le Mustang P-51 me ramène à ma jeunesse lorsque j’étais fou furieux des avions de chasse de la Seconde Guerre Mondiale, je voulais comme tous les petits garçons être pilote de chasse, cet avion, les couleurs, les reflets, était une occasion trop belle d’y revenir.

Kong, pour tout vous dire j’adore les chimpanzés et particulièrement les gorilles mâles au dos blanc, ils sont impressionnants, ils m’inspirent la puissance, la fierté, la beauté, le patriarcat.

La danseuse étoile me fait rire parce que souvent, des gens croient que c’est un homme, ce que je n’arrive pas à comprendre, elle est la grâce, la force, l’élégance, la féminité, je l’adore.

Le couple à contre-jour fait partie de ces dessins qui ont été un défi technique, je ne savais pas ce que cela allait donner en noir et blanc, sachant que sans la couleur, ça allait être plus compliqué à faire comprendre. Ça a bien marché apparemment.

Qu’est-ce qui vous fait encore et toujours créer ?

L’envie. L’envie de plaire à travers mes dessins probablement et d’exister autrement que par mon travail habituel, montrer que l’on peut-être ambivalent et même à l’opposé de ce que les gens voient de nous au premier abord du fait de sa profession. L’envie de montrer et de voir ce que les gens voient dans mes dessins, car je me rends compte que chacun a sa lecture de l’œuvre, interprétation à laquelle je n’avais parfois pas du tout pensé.

Quelle a été votre « pire » création ?

Je ne m’en rappelle plus, jetée toute chiffonnée dans une poubelle. Je ne garde pas ce que je n’aime pas. Mais c’est heureusement très très rare ☺

Quels sont vos super-héros ?

Vous allez rire, Batman, Hulk, les Marvel. Réponse au premier degré bien sûr. Mes héros ne sont pas connus.

Avez-vous de nouveaux projets ?

À courts ou moyens termes, j’aimerais exposer mes dessins ou peintures, mais vivant pour le moment en Corse, c’est assez compliqué de démarcher les galeries sur le continent. À défaut, d’ici, 4 ou 5 ans j’aimerais ouvrir ma propre galerie, je m’imagine assez bien, créant dans un coin de la pièce et les visiteurs rentrant et observant mes dessins encadrés. Un coin convivial autour d’un café et de mes dessins.

Si l’on vous dit autopsiart…

Déformation professionnelle oblige, le nom me fait bien sûr penser à un passage obligé pas particulièrement agréable mais parfois indispensable dans une enquête pour découvrir la vérité sur les causes d’un décès. En matière d’art, je trouve que vous avez été particulièrement inspirés en choisissant ce nom et c’est bien trouvé. Vous disséquez les œuvres des artistes que vous aimez.

Quelle est la question que je ne vous ai pas posée, à laquelle vous aimeriez répondre ?

Je pense avoir déjà été très long, donc je ne vais pas en rajouter. Merci à vous.