monsta.

« […] mettre en avant l’absurdité du monde adulte et la manière très radicale que nous avons d’oublier ».

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Monsta est un « french kid » qui permet à chacun de s’évader à travers ses œuvres ou l’imaginaire d’un enfant prend toute sa place ?

Oui, french kid… j’aurais pu dire sale gosse aussi. Je n’ai pas la prétention de permettre à chacun de s’évader, mais j’essaie de proposer des débuts d’histoire, chacun est libre de les interpréter ou de les poursuivre comme il veut. Et si ça permet de s’évader et/ou de s’identifier dans une partie ou un détail de ce que je fais, j’en suis ravi.

Gribouillages est une série de sculptures sur bois, colorée, décalée et très originale. Comment vous est venue l’idée ?

J’ai eu envie de matérialiser des dessins d’enfants, ceux qu’on nous interdisait de faire sur les murs quand on était môme. Ce qui m’intéresse c’est de changer l’échelle, de sur-dimensionner les gribouillages et d’en faire une pièce à accrocher au mur. Transformer le petit dessin éphémère et d’apparence anodine en quelque chose de persistant, durable et imposant. Avec peut-être l’espoir de remettre le spectateur à sa place d’enfant, quand tout nous paraît grand et simple… C’est beau…

On trouve quoi dans le « worldofmonsta » ?

C’est très confus, un joyeux bazar, quelque chose de bruyant et animé.

Une projection de ce qui se trouve dans ma tête, des cris, de l’absurde, beaucoup de gris avec un peu de lumière parfois et plusieurs personnes qui se chamaillent.

Vous croquez les papiers, peignez les murs, sculptez les installations, avec toujours des idées en tête ou vous laissez l’improvisation vous guider ?

Ça dépend vraiment du projet ou du moment. En général, j’aime bien qu’il y ait une petite part d’improvisation, du moins pour les illustrations, peintures ou murs, même si le carnet de croquis n’est jamais loin pour y piocher une idée.

Concernant les sculptures ou les installations, je n’improvise pas vraiment, je note mes idées dans mes carnets quand ça me vient et après je fais des tests, des maquettes et pas mal d’essais ratés avant d’aboutir à quelque chose qui me convient. Pour le moment, je m’arrête plus souvent à l’étape « essai raté », ou pire, les idées restent juste sur le papier et patientent parfois quelques années.

Monsta et Mlle Terite c’est tout en finesse, sombre mais aussi joyeux et…

… et avec une pointe d’espoir bien dissimulé.

C’est la réunion de deux univers qui peuvent paraître distants ou très différents, mais qui se retrouvent sur le fond.

Ça crée un équilibre, le travail de Mlle Terite vient souvent adoucir mon trait ou apporter un peu de subtilité, parfois c’est l’inverse, mais parfois seulement. On travaille ensemble depuis plusieurs années mais de manière très ponctuelle, on a plusieurs idées qui dorment dans des carnets. On prend plus le temps maintenant et on commence à concrétiser tout ça sous le projet « Enfants Sauvages ». Il y a plusieurs choses qui devraient arriver dans les prochaines semaines.

Vous avez déjà collaboré avec Stom500 qui était également présent au festival Underground Effect (UE3) en septembre 2017 ? Des retrouvailles ?

C’est vrai qu’on se croise souvent avec Stom, mais ce n’était pas vraiment des retrouvailles car on ne s’est jamais réellement quittés… même si de nombreux kilomètres nous séparent.

Plus sérieusement on s’est rencontrés il y a très longtemps, à l’époque du lecteur VHS. C’était pour une histoire de travaux dans sa cour, je devais lui refaire tout le pavage en section de 7, une sale affaire. Après avoir mis les points sur les « i » et quelques pavés sur la gueule, on s’est mis à peindre ensemble de temps à autre.

J’apprécie beaucoup son travail et c’est toujours un plaisir de bosser avec lui. On s’amuse bien, c’est cool comme au centre aéré.

Si vous deviez définir en un mot UE3, ce serait ?

UnÉvénementFortSympathiqueOrganiséParDesGensQuiLeSontToutAutant.

On est tombés amoureux de vos créations car on aime vos traits, votre univers, vos couleurs, vos angles. Votre enfance inspire la manière que vous avez de choisir vos thèmes ?

Ben déjà merci.

C’est surtout ce que je ressens maintenant qui me pousse à faire ce que je fais et à me replonger dans mon enfance, un peu comme un refuge et/ou une caisse à outils.

Je l’utilise aussi pour mettre en avant l’absurdité du monde adulte et la manière très radicale que nous avons d’oublier.

« Enfantillages », un solo show en novembre 2016 à Marseille, grand moment ?

Grand je ne sais pas, mais un moment déjà ☻

Le cadre de Backside Gallery se prête bien aux expos, c’est un lieu vraiment sympa tenu par un sacré personnage.

C’était ma première solo en galerie et ça m’a permis de travailler un peu différemment et de sortir enfin quelques projets que j’avais en tête, notamment la première série de gribouillage sur bois.

Parlez-nous de « Le roi est mort, vive le roi » ?

Oula, c’est une pièce que j’ai faite en 2012…

En gros c’était pour faire un pied de nez à la monarchie et à la hiérarchie en général, pour un peu se réapproprier tout ça mais du point de vue d’un enfant (je suis assez mauvais quand j’essaie d’expliquer ce que je fais).

C’était aussi le nom d’une de mes expo à Versailles, en 2012 toujours (chez mon pote Tom aka « Les passions de Tom », sisi big up qlf… pardon).

Et si Monsta croquait autopsiart, ça donnerait quoi ?

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autopsiart – ©monsta

Quels sont vos super-héros ?

Je ne sais pas trop… mais ils n’ont sûrement pas forme humaine. Mon super-héros pourrait être un hybride de Hobbes (le tigre), Pef, Paul Watson et un alien de Giger.

Quelle est la question que je ne vous ai pas posée, à laquelle vous aimeriez répondre ?

J’en ai deux.

Comment est votre blanquette ? Et, Que pensez-vous de l’évolution des indices boursiers des secteurs pétrole et gaz ?