mc solaire.

« Ce petit pictogramme peut avoir tendance à influencer le regard porté sur le handicap et en particulier sur les handicaps invisibles ».

facebook : licornearoulettes – mariecaroline.brazey

Marie-Caroline Brazey aka MC Solaire : c’est une aura qui enveloppe le handicap ? Une façon d’en parler autrement ?

MC Solaire essaye de montrer que dernière un pictogramme réducteur, il y a des situations de vie, elle se trouve modifiée mais ne s’arrête pas. Et tout handicap n’est pas forcément synonyme de fauteuil roulant, ce petit pictogramme peut avoir tendance à influencer le regard porté sur le handicap et en particulier sur les handicaps invisibles. J’essaye à mon échelle de questionner ce regard.

Vous souffrez d’une maladie orpheline invalidante. Mais quand bien même, « on a une vie, on a le droit de rire […] et montrer de la fantaisie ». L’art urbain a changé beaucoup de choses ?

Ça a changé énormément de choses. Au début de ce projet, j’essayais d’illustrer les événements et rêveries de mon quotidien, en me disant que de marcher pour les collages me faisait du bien, et que si je pouvais donner le sourire à la personne qui se garerait là, j’avais tout gagné.

Je ne pensais pas un instant avoir autant de retours positifs sur ma démarche. J’ai reçu beaucoup de messages de remerciements, d’encouragements, des propositions par des associations, c’est vraiment magique.

Ça amplifie mon envie de bougeotte pour les faire voyager !

Parlez-nous de Wonder-Woman, votre « œuvre », « très symbolique » ?

J’ai créé ma Wonder Woman juste avant de partir en hospitalisation pour une rééducation intensive, six semaines de soins loin de mon cocon. Elle montre à la fois ma motivation, mais au-delà de ça souligne mon admiration pour ces super-héros anonymes qui bravent la ville au quotidien en fauteuil roulant.

Basketteur, sirène, Père-Noël, Wonder Woman, chacun dans son style. Quels autres personnages, nous réservez-vous ?

J’essaye de les imaginer en fonction de mon quotidien, le baluchon à la gare pour un voyage, le carrosse pour un jour où j’ai eu le sentiment d’être la « reine des fées » au Louvre ou l’accessibilité est à féliciter ! J’ai donc quelques idées de pistes mais laisse les surprises du quotidien m’inspirer.

Pour seuls outils de travail du papier calque, des feutres et du scotch. Et pourquoi pas un pochoir, une bombe aérosol ou des pinceaux ?

Ayant pu lire sur les réseaux sociaux que je faisais de la « dégradation volontaire de mobilier urbain », ces commentaires ont confirmé mon souhait de rester dans une démarche éphémère. La météo (humide^^) de Chalon se charge de nettoyer le papier, et vu que je fais mes collages dans un périmètre assez proche de chez moi, j’enlève le scotch ou ceux qui sont abîmés quand j’y repasse.

Je testerais bien de pérenniser la démarche, mais dans un cadre privé avec accord du propriétaire.

Que pensent les gens lorsqu’ils passent devant un panneau « détourné » ?

Pour le moment je n’ai eu qu’une réaction « sur le vif ». Un monsieur qui me voyait faire, à genoux dans les graviers, à me relever laborieusement avec mes béquilles. Quand il m’a vue sortir l’appareil photo ça l’a interpellé et il est venu voir. Il a éclaté de rire devant ma sirène, « la démarche !! ». Nous sommes restés en contact et devenus amis.

Mais les internautes m’ont envoyé énormément de messages d’encouragement et de soutien, je ne m’attendais pas à une telle ampleur ! Le téléphone a surchauffé !

Vous êtes une toute nouvelle street artiste. Vos collages sont visibles « seulement » depuis juin 2017. L’équipe est déçue, on voudrait en voir partout. Après Chalon-sur-Saône, on pourrait vous voir où ?

J’essaye autant que faire se peut de continuer à voyager. Dans les mois à venir, des virées culturelles sont prévues sur Lyon et Paris, je pense en emmener avec moi.

Et vu le nombre de messages de gens de toute la France, pourquoi pas un couchsurfing du collage ^^.

Si vous deviez repenser le pictogramme du porteur de handicap en fauteuil roulant, que feriez-vous ?

Le pictogramme commence à « bouger », la SNCF et Carrefour entre autres ont un nouveau pictogramme ou le bras est en action sur la roue.

Avoir un pictogramme pour symboliser est important, mais il faut prendre en compte qu’il joue beaucoup sur l’image que l’on se fait du handicap, et que la majorité des handicaps sont invisibles… Je n’ai pas d’idée pour un visuel qui rassemblerait tout, mais il faut continuer à le faire évoluer, c’est sûr !

Vous avez une page Facebook, MC Solaire, suivie par plus de 1 700 personnes. Avec votre créativité débordante, aimeriez-vous travailler avec d’autres artistes pour aller encore plus loin dans le « détournement » ?

Une première collaboration est prévue avec l’artiste Parvati dans les jours à venir. J’ai également échangé avec l’artiste Fouzia qui crée les « zelliparks », elle décore les places réservées à l’aide de pochoirs, elle les rend plus jolies et plus visibles. Nous aimerions beaucoup pouvoir collaborer.

Quand on vous dit street art, ça vous évoque…

L’infini des possibilités ! Tout les territoires peuvent être investis, variété des terrains et des artistes !

Un jour avec MC Solaire, ça ressemble à quoi ?

Ça dépend des jours ^^ mais généralement ça se résume en étirements, balades, retrouvailles et créations en tout genre et lecture !

On a pu lire çà et là votre courage, votre engagement, votre motivation et votre joie de vivre. On est très fiers de vous avoir sur le site. Quel est le mot qui vous vient tout de suite pour vous définir ?

Rire !

Quels sont vos super-héros ?

Les gens qui s’engagent pour une cause, ce sont eux les vrais super-héros du quotidien, faire des miracles sans super pouvoirs !

Quelle est la question que je ne vous ai pas posée, à laquelle vous aimeriez répondre ?

(Petit délai possible ? Pas d’inspiration pour le moment ^^).