korsé.

« Je choisirai Le Péliboat, parcourant son chemin à la découverte des cultures mondiales ! ».

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Kafé Korsé, Korsé petit village de Guinée, Korsé chez Le Mékano, allez aide-nous. Qui est Korsé ?

Korsé euh… le pseudo est choisi par esthétique des lettres, et ça sonne bien avec mon personnage, toujours à fond, hyper actif en recherche permanente de nouvelles choses. Je me considère comme illustrateur, tous supports et techniques, mordu de graffiti, de dessins, de voyages, de « la » rencontre et des jeux de mots !

Aujourd’hui, Korsé est un savant mélange de formes, de couleurs et de matières. Qu’est-ce qu’on ajoute dans le shaker pour que ce soit explosif ?

Ah ah ! Je ne sais pas si un peu d’absurdité, de poésie et de spontanéité rendra le mélange explosif, mais c’est un assaisonnement nécessaire !

On a pu lire ta recette pour peindre un mur : « Éplucher les crayons graphites, puis les faire revenir dans une poêle en papier 230 g/m2… », elle fonctionne très bien. Tu as déjà « douté » sur une de tes œuvres ?

Ah ouais ça fonctionne toujours ? Je n’aurai vraiment pas pensé, sachant que je suis très rarement satisfait du plat que j’ai cuisiné, je m’en lasse très peu de temps après. Donc, afin de ne pas m’ennuyer, j’essaye de prendre des nouvelles inspirations, photos film, ambiance, une lumière, une ombre, etc. pour des expériences techniques différentes.

Tu te qualifies comme un « illustrateur de tous supports ». Sur lequel tu n’as pas encore mis tes Urbanimaux ?

Je pense que je ne l’ai pas fait en body painting, car je ne pratique pas cela. Mais sinon, j’ai dû peindre un peu partout à savoir les murs, toiles, papiers, vitres, containers, etc.

Urbanimaux vs Wilstylnimaux. Il y a une différence ?

Urbanimaux : singulier Urbanimal, nom masculin désignant un animal sauvage, robuste ou volatile, ayant la particularité de transporter toute une ville ou village, permettant de faire découvrir une culture différente aux Urbanihabitants, lors de chaque voyage.

Wildstylnimaux : nom masculin désignant un lettrage wildstyle tout en remplaçant les lettres par des animaux, formant des lettres.

Sur une année, quel est le pourcentage de Letterz ? On trouve que tu les associes de plus en plus avec les Urbanimaux comme à Aarhus au Danemark, ton illustration « Berlin » ou « Déshu à Nantes ? C’est le cas ?

Ce n’est pas évident d’estimer un chiffre, mais je dirais environ 40 % de lettrages sur les 2 dernières années, où j’ai commencé sérieusement à m’y intéresser ! Exact, quand je n’ai pas forcément d’idée précise de perso à peindre sur un mur en freestyle, alors un lettrage mixé, d’urbanimaux ou d’Urbanimonstres (c’est nouveau) fait l’affaire ! Mais j’aime tellement les détails et les persos, que je mixe les deux, me permettent de me libérer.

J’écris rarement mon pseudo, car je trouve cela plus intéressant de changer souvent. Pour exemple, Déshu, le S est un oiseau métallique. Et à Berlin, c’est un Urban wild style je dirais, où je raconte le voyage par un lettrage et du décor urbain mixé.

250 heures, 400 bombes de peinture nécessaire pour la fresque « L’atelier de Couzinet et ses amis » réalisée à La Roche-sur-Yon en Vendée en septembre 2016. Un véritable tour de force ! Raconte-nous.

Aaah ! Le challenge de peindre 330 m² de mur, me fut offert au début du printemps 2016 ! C’est un projet venant de la maison de quartier, pour embellir leur zone piétonne et le tunnel. Avoir un aussi grand terrain de jeu, pour toi tout seul, ça fait peur mais c’est excitant !!! J’ai proposé de solliciter en plus des confrères inspirés de beaucoup de choses en commun, mais la maison de quartier m’a dit : « non, c’est ton bébé, on veut ton univers ! ».

Après un échange d’idées, avec les responsables et habitants du quartier, j’ai dû présenter une maquette. Je fonctionne souvent par des mots-clefs, ça se résume à l’historique de La Roche-sur-Yon, l’aviation, la zone ferroviaire, les transports de blés, café tout en ajoutant des monuments de la ville et pour finir en grosse partie, ils voulaient des urbanimaux.

Après 14 h de recherches et de dessin acharné, je leur présente ma maquette de 1 m  sur papier, à l’échelle. Sans aucun retour négatif, le feu est vert pour attaquer la fresque ! Tu t’équipes d’une valise contenant 45 bombes, une échelle télescopique de 3 m 80, un masque, une glacière, et une enceinte… bah oui tu peux pas bosser 10 h par jour devant un mur sans musique, surtout dans le passage d’un tunnel à côté d’une route.

Le début était le placement des éléments, des grandes lignes par rapport à ton dessin… Une fois l’esquisse posée entièrement dans le tunnel, OUF de soulagement ! C’est parti pour faire chanter les Bombes de couleurs dans tous les sens, des remplissages à l’astro Fat, les bombes se vident rapidement ! Les détails viennent au fur et à mesure, et les ajouts « surprise » crescendo, ce sont des dédicaces, ou des détails ne figurant pas dans la maquette. Forcément ce chantier amène à beaucoup de rencontres, puisqu’il y a de nombreux piétons. Les premiers retours se font, plutôt enthousiastes et permettent de nouveaux projets.

Pour résumer la première partie, le tunnel mesure 70 m sur 2 de hauteur. Tu y trouves, l’atelier de l’Aviateur Cousinet avec ses maquettes en carton et récup qui prennent vie, par la suite s’est installée une zone ferroviaire avec son wagon expresso et son caméra obscura train, pour marquer le temps sur le trajet. Petit repos de quelques jours, et d’autres projets déco ou pédagogiques sont en parallèle. Une fois le tunnel terminé en 10 jours, place à la zone piétonne comprenant un mur de 4 m de haut descendant à 2 m, sur 100 m de long, sans trop de recul… Place aux Urbanimaux, sortant de mon atelier, une fenêtre peinte en trompe l’œil.

Des bêtes étranges naissent, comme le Pélicampingcar et son vendeur de glaces, Globe Twitter, le Poisson Montagne, tous dans un style graphique, riche en matières et couleurs éclatantes. Pour le Pélican, le bec fait 12 m de long, pour remplir tu marches en appuyant avec ton fat cap, un spray rouge euh, 4 nécessaires ! Parfois tu peins 12 h dans la journée jusqu’à la tombée de la nuit… Nous sommes en juin, et la f*cking pluie, le pire ennemi du graffeur arrive, et interrompt plusieurs semaines le chantier. Grrr ! Ça te laisse le temps des autres projets en parallèle. Début Juillet, retour et fin du chantier sur quelques jours de suite. Il y a la canicule aussi, un soleil tapant sur le mur gris marbre, et tu transpires sous ton masque… Des passants et habitant parfois et même tes potes passent te voir et, t’apportent des binouzes ou autres ravitaillements… Merci, euh.. doucement je conduis hein ! plus tard la bière !

Reste concentré sous tes lunettes de soleil et ton masque, chapeau, avec la musique qui résonne dans le passage. Tu es bientôt à la fin… Tu rajoutes quelques détails « surprise » et te lâches avec les couleurs turquoise, rouge et bleu restantes…Un micro-onde sur l’oiseau ? Ah oui parfois je réchauffe mes idées…  Les bombes commencent à s’épuiser et toi aussi… Il est 19 h30, le 19 juillet, 400 sprays et 250 h plus tard, tu viens de signer au bout du mur, ça signifie que c’est fini !!! Avachis au sol, en finissant la bouteille d’eau tu réalises pas trop…

Que ce soit une commande (d’un particulier, d’une collectivité, d’une entreprise) ou un dessin (mur, toile), tu t’en tiens à ton croquis ou tu te laisses une part d’improvisation ?

Bien sûr, il vaut mieux respecter au maximum la composition sur ton croquis que tu trouves juste ou validée par le commanditaire. En revanche, les couleurs sont tout le temps en improvisation, par la suite s’ajoutent des détails croquants !

Tu apportes une importance particulière à la réalisation de fresques participatives dans les écoles et les maisons de retraite ?

J’adore partager une passion ! Dans ce genre de projet pédagogique, tu en apprends tous les jours, sur toi et sur la créativité des participants, que ce soit de 8 à 97 ans !

Les enfants sont fascinés par l’objet « bombe de peinture », encore plus quand ils peuvent peindre les murs de l’école avec un intervenant. Les résidents 3e âge, et bien ils perdent la boule mais ont la pèche et te font des remplissages propres et rapidement ! Il n’y a que de bons souvenirs à retenir quand tu partages cela !

Le but est de les impliquer au maximum, donc ne pas les automatiser à uniquement du remplissage. On apprend la matière, les dégradés et on utilise beaucoup de pochoirs, préparés avant les séances. Une grosse expérience à retenir aussi, c’est une fresque réalisée avec des enfants polyhandicapés, ne pouvant pas bouger, pour la plupart leurs mains, bras, jambes… et bien on l’a fait !  Des sourires en remerciement, ça vaut tout l’or du monde !

Tu peux nous parler du crew IBS ?

Inglorious Bar Starz ! C’est un peu une deuxième famille ! Nous sommes une bonne vingtaine de potes graffeurs tous styles confondus, étalés sur Nantes, Brest, Lorient, Paris et Bruxelles. Un crew créé assez récemment par Renz, Skey, Persu, etc. réunissant des passionnés, de graff sous toutes ses formes. Il n’est jamais évident de se réunir tous pour se faire des grosses fresques, barbeQ, saucisses, bières, blagues et cascades, dans une ambiance unique !

Depuis 4 ans, chez un des membres IBS, Smerf à Plozevet (29), on réalise une fresque en performance artistique pour un festival. Il s’intitule « L’Arène du Graff », nous sommes entre 12 et 15, et en 2 h, on réalise une fresque de 200 m², avec décors, persos et lettrages, sur un thème imposé. Ça nécessite quelques réunions d’échanges d’idées, de composition et d’orga, mais c’est faisable !  La plupart est assez actif, voire certains sur-productifs, à peindre souvent en terrain, friche ou vandal ! Ce qui motive toujours pour se capter et partager des f*cking fresque et soirées ! Dédicace au IBS crew ! un Big Up à Mano et Véro.

Tu préfères tes bestioles à pattes, à poils et à plumes ou ton univers chaotique sur un bureau désordonné ?

C’est par période je pense, parfois tu as de l’inspiration pour des nouvelles bestioles ou alors tu ressens une envie de laisser un message par ce qui t’effraie. Ce qui est important, c’est de ne jamais rester sur le même terrain de jeu, au risque de se répéter et de ne pas évoluer. Alors, tu bouges, sors aux musées, ciné, regardes autour de toi, etc. Nuance, mon bureau est en désordre organisé !!

En décembre 2016, on aperçoit ton œuvre sur le SDF et les oiseaux verts. La société actuelle te révolte ?

Oui tout à fait, c’était après Noël, effrayé par la bêtise humaine, des gens qui se plaignent de leurs cadeaux ou autres caprices… Y ‘avait une envie d’extérioriser une colère, en illustrant un message tout simple : ne les oublions pas, certains n’ont pas de famille, pas de toit, et souffrent… et toi tu n’es pas ravi de ta tablette… mon pauvre…

Yak au Népal, ça t’inspire quel dessin ?

J’imaginerai carrément une toile, Yak au pic de l’Everest avec son sac à dos d’aventurière et un masque à oxygène (et oui environ 8 800 m quand même !) et un numérique avec objectif  à la main, dans un panorama unique au-dessus des nuages en faisant bronzer son nez pâle (désolé, je me sentais obligé). C’est un moment fort, elle n’est pas là pour rien !  On peut apercevoir Les oiseaux Valises aux drapeaux à prières du Népal coloré, Les Hérons des roseaux qui errent dans les airs par ce ciel rosé, sans oublier le Batoucampingcar se rapprochant du soleil sans se brûler les ailes comme l’a pu faire Icare, et bien d’autres espèces cachent l’Everest… Mais YAK au Népal que tu peux les voir !

Ton univers un savant mélange de fête foraine, de Herman Melvile, de Joe Bar Team et de Jules Verne… des souvenirs d’enfance ?

Haha, le mélange me convient, merci pour les références ! J’ajoute Miyasaki et d’autres cités précédemment et on est bon ! Pas forcément étant gamin, j’étais plus Disney, Gaston Lagaffe, Kid paddle et ses monstres délirants, DBZ et autres Mangas. On va dire que je « recrée » mon enfance aujourd’hui, en dessinant des moyens de transports, des bestioles loufoques, des blagues, avec tout un univers détaillé, permettant de construire ses rêves.

Nantes, terre du Royal de Luxe. Des thématiques proches des tiennes. À quand une rencontre artistique ?

En effet, quelle chance nous avons, autant d’inspiration ! Les Machines de L’île est Royal de Luxe, rentrent inconsciemment dans la tête ! De La Rosière, créateur de Machines de L’île, l’Éléphant, le Héron, etc. est un génie des temps modernes, un peu comme Jules Verne, tellement en avance dans son époque, sa source d’inspi je pense. Royal de Luxe et ses Géants pantins ! Une rencontre ? Je crois que l’on serait nombreux à souhaiter cela, ça risque d’être compliqué ! Gardons cela comme un rêve…

L’albatros, celui de Bernard et Bianca ou celui capable de parcourir des milliers de kilomètres tel un voilier des mers ?

Je choisirai… Le Péliboat, parcourant son chemin à la découverte des cultures mondiales !

Homeless Nantes 2016, Korsé c’est aussi celui qui alerte ?

Parfois tu as envie de parler d’évasion, de rêve, de poésie, de jouer avec les mots et la langue française,  mais aussi « provoquer » ou évoquer un message, sans aucune prétention ! En effet, selon l’humeur et l’idée que tu as pour extérioriser, alerter par une illustration, le mur est un bon moyen de communication, et un dessin reste universel !

Homeless, comme j’ai raconté au-dessus, d’autres exemples comme : un lettrage Selfie, avec autour, des parties de visages et des nombrils dans des écrans, avec une perche traversant les lettres… Idée évoquant l’utra-individualisme, le nombrilisme, qui m’effraie pas mal ! Ça résume ce que tu vois en voyage, des selfies, encore et encore, sans qu’ils profitent réellement du moment présent. Un lettrage Pantins, avec des gens manipulés par leur Smartphones, partout !!!

En voyageant, tu te rends compte, que 8 à 9/10 « s’occupent » pour attendre un avion ou train ou bus, avec leur phone… Bon je me suis rendu compte que j’étais drogué pareil. Alors je fais l’effort de couper internet en journée productive. En revanche, je m’occupe en dessinant tout le temps, partout, travel book everywhere, et en notant des phrases avec des jeux de mots, sans maux de tête ! Et dedans y figurent parfois, des clins d’œil (anti sellfies, connected world). Ou encore un lettrage Hashtag, avec des caméras partout ! Et je prépare Scared, avec lettrages et persos, évoquant encore le monde sur-connecté, au volant (arrête ! c’est un téléphone mobile tu pourras répondre au sms, mail plus tard)  en repas de famille… Tu te mets en hors ligne et ça se passera bien !  inter-générationellement concerné… Je prépare aussi Scared au sujet des animaux qui disparaissent et cette terre abimée… Mais il vaut mieux parler de soleil et des vacances non ?

Quels sont tes super-héros ?

Sans hésiter Coluche en premier (tu nous manque, sans blague M****rde !), suivi de Brassens, Desproges et Dupontel, en passant par Miyasaki, Esher, Burton, Picasso, Dali et Magritte, le DMV crew, Macclaim, Réso, Persu et Ensù (from IBS J) pour évoquer une inspi graffiti !

Tu as de nouveaux projets ?

2016 et 2017 ont étés riches en projets ! Cette fin d’année s’enchaîne sur des fresques chez les particuliers avec des mots-clefs bien cOOl ! Burton, Lisbonne tram, Zèbre, cheval bizarre, voiture volante etc.

S’ajoutent des fresques intérieures, dans une salle de jeu d’hôpital, Un vestiaire de Pêche. En janvier 2018 : une déco de discothèque au Sénégal (à confirmer), printemps 2018 : une façade de 80 m² avec un pote du Gers (yawaa), les 330 m², vont se compléter par le couloir d’escalier et un autre mur qui précède le tunnel (joie, cris, excitation), un grand hangar de 200 m² (yihaOo), une fresque pédagogique en école primaire de 100 m² (cool) et peut-être d’autres… Tout cela est bien appétissant !

Si l’on te dit autopsiart…

Autopsiart : si on prend l’étymologie du mot : Autopsie et Art.

Autopsie : découvrir les secrets cachés d’une masse, d’un corps ou d’une bestiole avec tous les outils de dissection que l’on trouve. Ou alors Autopsy : une voiture pour psychiatre, mais ça n’a pas de sens ! Je dis ça car j’avais fait un dessin sur cette idée… Sûrement absurde !

Art : C’est quoi ? Je ne vois pas…

Du coup si je résume, Autopsiart, c’est la dissection de l’Art dans tous ces états, dans la rue, en galerie, chez toi, chez les autres, au ciné, dans la musique, art brut, sauvage, abstrait, figuratif, etc.  Donc ce sont des interviews ! J’ai bon ?

Quelle est la question que je ne t’ai pas posée, à laquelle tu aimerais répondre ?

Euh… Quel serait ton projet fou à réaliser ? Si un jour j’arrive à me bloquer plusieurs mois, je rêve de réaliser un gros Road Trip en Europe ou autre et proposer des fresques en échange d’hébergement pour ceux qui ne peuvent pas se le permettre, chez qui ça nécessiterait vraiment le temps de la réalisation. Je me munirai d’une Go pro et d’un appareil photo, sans oublier plusieurs carnets de voyage. Troquer une déco contre un canapé et une bonne bouffe, est-ce réalisable ?

C’est tout pour moi !

Merci beaucoup autopsiart de votre attention, de ces superbes questions ! BIG UP à tous les IBS (une deuxième famille), Le MOULIN crew et tous les potes de graff que je connais, que j’ai rencontré partout, sans qui je n’aurais pas partagé autant de p*tains de moments !! Merci à ma famille et mes proches et amis qui me soutiennent à fond !