kaldea.

« L’artiste apporte l’évasion, la réflexion et le débat mais l’artiste aussi n’a pas forcément un rôle spécifique à avoir dans notre société ».

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Rue Henri Noguères (quartier de La Villette) est plus qu’un simple « spot », c’est sentimentalement artistique pour vous ?

Rue Henri Noguères, c’est l’un des premiers spots où j’ai eu l’occasion de peindre et j’y ai pas mal peint ! Effectivement, il y a quelque chose de sentimental dans cette rue, j’ai toujours plaisir à y retourner. Et j’adore cette rue qui géographiquement est assez calme même s’il y a pas mal de passage. De plus, l’accès au bassin de La Villette lui donne un charme assez particulier, avec la possibilité quand il fait beau de se poser sur les quais et de chiller.

Votre univers est très japonisant, empreint d’art toy, de dystopie, de géométrie, de futurisme, de femmes. On ne s’est pas trompés dans la description ?

Vous ne vous êtes pas trop trompés effectivement, il n’est pas que japonisant bien qu’à la base j’adorais le théâtre japonais qui m’a beaucoup inspiré à mes débuts.

Je suis passionnée de science-fiction, de design, de mythologie et de cultures tribales. Et de ce fait, mon univers est la résultante de plusieurs influences, un long métissage qui a donné ces visages particuliers, mon style, ma façon de traiter les couleurs…

L’équipe est fascinée par vos couleurs, les motifs utilisés et vos influences que l’on trouve tribales ou indiennes. Expliquez-nous votre histoire.

Je me suis très jeune intéressée aux cultures d’autres pays, notamment celle d’Amérique, d’Afrique ou d’Océanie. J’aime les cultures anciennes et tribales, les us et les coutumes, esthétiquement je suis très impressionnée par les masques africains, amérindien, océanien. Il y a dans toutes ces cultures quelque de chose d’ancestral, de flamboyant et de spirituel qui m’inspire énormément.

Verra-t-on un jour une de vos œuvres mettant en scène un couple ou un homme seul (sachant que vous privilégiez la féminité dans vos créations) ?

Oui j’y pense beaucoup, j’ai très envie de peindre un couple homme- femme… je pense qu’il manque un peu de XY à mes œuvres !

On a entre aperçu quelques animaux associés à vos œuvres. Pourquoi n’en faites-vous pas plus ?

Parce que je n’y pense pas ! Bon blague à part, j’étais surtout concentré à m’améliorer techniquement sur mes personnages féminins, et à présent je commence de plus en plus à esquisser des animaux, c’est juste une question de technique tant que je ne suis pas satisfaite du rendu, je préfère attendre.

Avec quel(le)s artistes aimeriez-vous collaborer ?

Avec Mad C ! Une artiste talentueuse que j’admire.

Il n’y a pas beaucoup de femmes street artistes, même si la « tendance change » ? À quoi cela est dû ? Qu’en pensez-vous ?

Comme actuellement il y a de plus en plus de femmes dans le street art, je ne me suis donc  jamais trop posée la question ! Cette question aurait pris tout son sens si elle avait été posée  15 ans – 20 ans auparavant, quand les femmes étaient plus rares.

Pensez-vous que vous pouvez réaliser vos œuvres (mur, toile, illustration) avec la même liberté d’expression, intention artistique, quel que soit le support choisi ?

Oui bien sûr, je travaille déjà sur plusieurs supports et je ne me sens pas entraver.

Au contraire, en fonction des différents types de supports, mon inspiration, mon intention sont différentes. Sur les art toys par exemple, je suis beaucoup plus légère, mon côté espiègle et enfant ressort plus, alors que sur mes toiles, je suis beaucoup plus réfléchie, dans la réflexion…

Quant au mur, je suis dans la spontanéité et la liberté !

La bouche en forme de trèfle, une signature indéniable de votre style ?

Oui c’est une signature de mon style, une bouche toujours fermé et silencieuse. Le silence est d’or mais l’esprit lui est omniprésent.

On est très très fan de votre œuvre « Until the sea » / « From earth » qui entoure celle de Joris à Lurcy-Lévis. Tout en mythologie et douceur ?

À la base, je ne devais faire qu’une façade et il se trouve que sur place j’ai eu la possibilité d’en faire deux pour encadrer la façade de Joris. J’ai donc eu l’idée de faire des femmes qui se feraient face, dichotomiques et complémentaires.

« From earth »  pour le terrestre avec une légère influence aztèque et « Until the sea » pour la mer et sous influence grec et asiatique.

Chez autopsiart, YAK est in love de « Empathie », Remie Deneuve dort avec le print de « Leben kraft weisheit » et autopsiart aime « Space gal ». Racontez-nous ces murs ?

Alors « Empathie » fait partie  avec « Nostalgie » et « Énergie » d’un triptyque basé sur des émotions  positives, je voulais les retranscrire au travers de portraits.

« Leben kraft weisheit » est un tableau réalisé sur commande par une femme atteinte du cancer, je l’ai donc représenté allongée, le corps cassé au niveau des hanches, la tête relevée, fière et combative, c’est un peu une ode à sa victoire sur la maladie.

Enfin, « Space gal » c’était un mur que j’ai fait pour le squat batk13, c’est en fait une sorte de geisha mystérieuse de l’espace !

Que pensez-vous du rôle d’un artiste dans la société ?

Le rôle d’un artiste dans la société selon moi, est d’apporter un peu de rêve, de beauté, de faire réagir, de faire réfléchir. On ne reste jamais indifférent face à une œuvre, rien que le fait de trouver une œuvre d’art laide est positif, j’adore d’ailleurs voir la réaction des gens face à des œuvres qu’ils trouvent ridicules, moches ou que leurs enfants de 5 ans pourraient faire comme ils le disent.

L’artiste apporte l’évasion, la réflexion et le débat mais l’artiste aussi n’a pas forcément un rôle spécifique à avoir dans notre société, il peut simplement jouir du fait de créer pour lui-même sans avoir à exprimer quoi que ce soit aux autres, mais juste pour son propre plaisir et peut-être établir un dialogue avec son âme par le biais de ses créations.

Un jour avec Kaldea, ça ressemble à quoi ?

Quelques cafés au réveil, une séance de sport à la salle ou bien un petit jogging, la lecture de mes emails et autres choses administratives très chiantes à faire. Après le déjeuner, je bosse sur mes créations en regardant des documentaires, films ou bien je vais peindre un mur.

En fin de journée, une amie me propose d’aller boire un verre et j’hésite car j’ai envie de bosser mais en même temps je n’ai pas envie de bosser, donc j’accepte ! En début de soirée, je bois un verre et me dis que j’aurais dû rester chez moi à bosser pour ensuite me dire que je suis très bien à boire mon verre avec ma pote ! Fin de soirée, je suis de nouveau chez moi, je bosse encore un peu en écoutant un mix de Chris Coco sur Mixcloud, parfait pour finir ma soirée et ensuite aller dormir !

Voilà, une journée assez simple !

Quels sont vos super-héros ?

Ma mère !

Nikola Tesla, un inventeur visionnaire hors du commun !

Et sinon d’un point de vue cape et collant, je dirais le surfer d’argent et Diablo pour Marvel et le Dr Manhattan des Watchmen.

Si Kaldea croquait autopsiart, ça donnerait quoi…

Un cerveau ouvert en deux  avec en son milieu un cœur qui bat.

Quelle est la question que je ne vous ai pas posée, à laquelle vous aimeriez répondre ?

Quel est mon animal spirituel ?

Le serpent. Il me fascine et m’effraye et j’aime toute la symbolique qui l’entoure.