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« Avoir une vieille église à restaurer (vitraux, sculptures, mobilier…) ».

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Que trouve-t-on dans « Le cahier de coloriage » de Jeanjerome ?

Un mix : du lettrage, des perso et mon style. Se fût une commande de la directrice de Hachette/Chêne. Un peu plus d’un mois de création pour 90 dessins. Impatient d’en faire un nouveau sur mon travail perso dans de meilleures conditions et une nouvelle édition plus proche de ses auteurs.

« Mettre de la couleur dans les villes », « faire plaisir aux autres », « arrêter d’avoir des murs gris », c’est ton message. Dis-nous un petit truc en plus que tu ne dis pas aux autres médias ?

J’ai l’espoir de voir ressurgir des moulures, sculptures et fresques sur nos immeubles. Nous avons un héritage haussmannien qui nous rappelle que nous étions capables de créer, de nous associer avec des architectes. Nous savons tous que les constructions actuelles ne sont pas faites pour durer… Mais ne peut-on pas y mettre du beau ?

J’aime à rêver que les immeubles accueilleront un jour mes moulures et mes arabesques.

À quand un projet de « OUF » ?

J’attends que l’on me propose un immense mur ou alors une sculpture gigantesque, ce serait alors un nouveau challenge.

Si tu devais graffer ce qui représente le mieux, pour toi, ta ville natale, ce serait un crocodile et son palmier, une arène, un carré, what else ?

Nîmes est une ville de feria, de corrida malgré les nombreuses polémiques, ce serait le taureau, pour sa force et son courage.

Initier les jeunes à l’art urbain au travers d’ateliers, c’est aussi une de tes priorités ?

C’était une priorité mais je ne peux plus pour le moment, je ne veux pas annuler un cours parce que je dois travailler sur un projet. Les enfants attendent beaucoup lorsque je commence un programme sur une année ou plus.

J’aimerais former des artistes à mes méthodes et aux valeurs que j’introduis dans mes cours.  Chaque cours commence et finit par un moment de 4 à 5 mn à se détendre sur sa table, la tête poser sur ses bras, à écouter du philharmonique. J’apprends les bases du dessin par le jeu.

Tu as été over-booké mi-décembre ! Noel Art, X-Mas Street Market, Paint On !, la rançon de la gloire ? De nouveaux projets début 2018 ?

Je bosse beaucoup pour cela, ce n’est pas simple et je me dis tous les jours qu’«  il me reste encore beaucoup de marche à monter, ne lâche rien ». La rançon de la gloire sera le moment où mon travail sera reconnu dans le monde.

Pour le moment, j’ai envie de faire une expo solo. Y aura-t-il une galerie intéressée par mon travail sur L’horoscope Chinois, l’avenir nous le dira. Je prépare très prochainement un reportage avec la BBC pour mars.

Beaucoup te connaissent, tu as travaillé avec des pointures, qui aimerais-tu inviter à peindre une partie de ton mur ?

Quand j’imagine une collaboration, je veux juste être le fond, l’arrière-plan, sublimer le travail de l’autre… J’aimerais bosser avec Jo Di Bona, j’aime son énergie et on rit beaucoup ensemble.

T’as rencontré Gary Dourdan, hannn, ça claque ça… Il t’a acheté une œuvre ?

Ah oui Gary ! C’était une rencontre improvisée et nous sommes amenés à nous revoir quand il vient à Paris car il joue de la musique avec un très bon ami : «  Sango ».

L’art nouveau pour inspiration, oui. Plutôt les graphismes, la peinture, la bijouterie, les courbes, les couleurs ?

C’est une multitude de petites choses qui finissent par faire un tout et la grande force de l’art nouveau. C’est alors impossible de s’ennuyer dans la création. Il n’y a que des envies de se réaliser et la frustration de ne pas pouvoir le faire instantanément, de devoir attendre le bon moment et l’espoir de croiser les personnes t’aideront à te réaliser.

Qu’est-ce qu’on aime les Glooby’s. Tu nous racontes.

Cela est parti d’une collaboration avec une artiste céramiste et je pensais il y a quelques années créer un personnage avec mes motifs. J’y ai longuement réfléchi sans jamais réussir. J’ai changé ma méthode de travail, j’étais dans la spontanéité avant, aujourd’hui pour beaucoup de projet si l’on me donne le temps je passe à l’étape des croquis.

Je suis donc partie de mes premières créas : le dragon, le singe, le coq et le cochon de l’horoscope chinois et le Glooby est apparu et puis la famille Glooby’s. Je ne sais pas comment va se profiler l’avenir pour cette petite famille loufoque. Je bosse actuellement sur un prototype de la version Matriochka.

On ne va pas tout citer car on adore quasi tout, mais on surkiffe Equilibrium, Interstellar, Fish & Chips et surtout Patch. Tu peux nous décrire un peu chaque œuvre et le temps que tu leur as consacré ?

Le cheminement est simple et long. Une playlist de musique et je laisse mon imagination poser les traits, les courbes… Je ne vois jamais le final dans ma tête. Pour être comme un enfant, surpris par le résultat. Avez-vous remarqué les titres des œuvres ? Ce sont des titres des Pink Floyd. Un hommage. Je ne pourrais vivre et créer sans musique.

Tu as toujours le temps de sortir ta longboard ou tes rollers ? Pour rappel, tu es tout de même l’un des fondateurs de « Pari Roller » ?

Je suis passionné de glisse, je trouve toujours le temps de rider, ce qui a changé dans ma pratique par contre c’est de ne plus rechercher l’adrénaline à tout prix. Je peux aujourd’hui rider sans m’accrocher à une voiture à grande vitesse et descendre des routes de montagne. Le longbard est plus violent dans les chutes que le roller et je vieillis, je le fais malgré tout je ne lâche toujours rien.

On avait déjà créé le règlement national du roller acrobatique (FFRS) et j’étais juge national de roller puis le Bafa roller avec l’UCPA et le ministère de la Jeunesse et des Sports. Je travaillais pour l’UCPA La Plagne (Roller & Snowboard). Pari Roller était une étape logique de ma vie de rollerman. Pour l’histoire : Serge Rodriguez a créé les rando roller du vendredi soir pour les randonneurs fous puis rollermania, qui deviendra Pari Roller sous l’impulsion de la Préfecture de Paris. Je faisais partie de cette petite poignée de meneurs (Boris, Jean-Yves, Gros bébé) et j’en ai profité pour créer aussi le staff des rando après le départ de Serge et avant la création de Pari Roller.

La menace des autorités, de la police est intervenue lorsque j’ai créé et habillé le Staff Roller. D’où la création de Pari Roller. Je reprends ainsi mon rôle à la tête du Staff de Pari Roller et la rando passe vite à + de 25 000 rollers (chiffre avancé par la Préfecture de Police) tous les vendredis.

Qu’est-ce qu’il y a dans ta boîte à outils ?

La liste est longue. Je ne me sépare jamais de mes scalpels, crayons à papier, marqueurs. Sinon on trouve à l’atelier : pinceaux, marqueur acrylique (Amsterdam, Posca, Molotow), peinture acrylique (Amsterdam expert et Lascaux), Spray Montana, MTN, Amsterdam… outils à sculpture.

Ton plus mauvais dessin (mur et/ou print) ?

Un autoportrait, peinture à l’huile en 2004.

Quelle est ta couleur préférée ? Et celle que tu utilises le moins souvent ?

La couleur de l’espoir et de l’île de la Réunion : le vert. Les couleurs fades.

Si Jeanjerome croquait autopsiart, ça donnerait quoi ?

Je dois y réfléchir, rencontrer les personnes qui le font pour ressentir l’âme de Autopsiart et me permettre de créer autour sans avoir à y mettre des mots.

Quelle est la question que je ne t’ai pas posée, à laquelle tu aimerais répondre ?

Quels sont tes rêves fous «  artistiques » ? Et je répondrais :

1) Faire des totems dans une ville.

2) Collaborer avec mes anciens partenaires Adidas, Salomon, Eastpak…

3) Avoir une vieille église à restaurer (vitraux, sculptures, mobilier…).

4) Des chambres d’un grand hôtel.

5) Peindre un plafond d’un hall de grand hôtel.

6) Peindre des façades de building à l’étranger.