hain eric diekel.

« Ich bin 1953 geboren, vor einem ehemaligen KZ ».

« Je suis né en 1953 devant un ancien camp de concentration ».

First interview in German/French

website : diekel – translation : jules nguyen

(All) : Wer ist Hain Eric Diekel ? (Könnten Sie sich vorstellen ?)
(FR) : Qui est Haïn Eric Diekel ?

(All) : Nun, das könnte ein Roman werden… in Stichpunkten : ein stiller Beobachter, vielleicht ein Wolf im Schafspelz, ein Tagträumer, ein Intuitionist und alles Wesentliche über meine Person und meine Arbeit steht unter diekel.com im Internet, und alles Unwesentliche steht dort nicht.

(FR) : Eh bien, cette réponse pourrait bien devenir un roman… Dans les grandes lignes : un observateur silencieux, peut-être un loup déguisé en brebis, un rêveur éveillé, un intuitionniste et puis tout ce qui est essentiel sur ma personne et mon travail se trouve sur le site internet diekel.com, et seulement l’essentiel.

(All) : In den Jahren 2006 und 2007 wurde eine Auswahl Ihrer Werke im Grand Palais in Paris ausgestellt, anschließend einige Ihrer Landschaften sowie Ihrer Porträts in der Communic’art der Galerie Jardin, werden Sie also von der Lichterstadt Paris inspiriert ?
(FR) : Deux expositions au Grand Palais à Paris en 2006 et 2007 puis une sélection de paysages et portraits à la Communic’art Galerie Jardin, la Ville Lumière vous inspire ?

(All) : Paris ist schön, noch. Mit dem Licht hat das nichts zu tun. Man kann es ausschalten und alles ist schwarz. Ich bin durch die Vermittlung von Monique Maurin ( Mutter der Etoile de L’Opera Garnier Elisabeth Maurin) Mitglied im Salon des Artistes Independants geworden. Dort hat Pablo Garcia meine Arbeit gesehen und mich in seine Galerie eingeladen. Portraits waren im Salon, nicht in der Galerie. Pablo Garcia präsentierte zu dem Zeitpunkt ausschließlich Landschaften, auch im weitesten Sinne. Er hat mir übrigens auch Linkedin empfohlen und mich eingeladen, an diesem Netzwerk teilzunehmen.

(FR) : Pour le moment, Paris est encore une belle ville. Mais cela n’a rien à voir avec les lumières ; on peut les éteindre et tout devient noir. Grâce à Monique Maurin (la mère de l’Étoile de l’Opéra Garnier Elisabeth Maurin), je suis devenu membre du Salon des Artistes Indépendants. Là bas, Pablo Garcia a vu mon travail et m’a invité dans sa galerie. Les portraits étaient présentés au Salon, pas à la galerie. À l’époque Pablo Garcia présentait uniquement des paysages (au sens large du terme). Il m’a aussi recommandé le site Linkedin et m’a invité à participer à ce réseau.

(All) : Guénange an der Mosel liegt Ihnen am Herzen, denn Sie haben mehrere Landschaften über diesen Ort gemalt. Was macht diesen Ort für Sie so besonders ?
(FR) : Guénange en Moselle est chère à votre cœur, vous avez peint plusieurs paysages. Qu’est-ce que cette ville a de si particulier ?

(All) : Ja, die Landschaften bei Guenange – sie sind aus einem Widerspruch entstanden. Phantastische Sonnenuntergänge an der Mosel suggerieren Urlaub,Strand, schönes Wetter und vielleicht ein bisschen Südsee. In Guenange entstehen diese Sonnenuntergänge aber durch die angrenzende Autobahn, die meistbefahrene Frankreichs; und die Staubpartikel in der Luft. Guenange ist eine multinationale Gemeinde mit sehr sympatischen und freundlichen Einwohnern im ehemaligen Industriebecken Lorraine. Woher ich das weiß? Ich arbeite mit in unserer Städtepartnerschaft Guenange – Laer (mein Heimatort in Deutschland) und habe in Guenange viele Freunde liebgewonnen. Ich selbst bin in einer Ruhrgebietsstadt (Ahlen/Westf) geboren und mit den Bergleuten aufgewachsen. Da bekommt man den Blick für das Wesentliche… Wir haben alle die gleichen Probleme, das macht solidarisch. Wenn ich Lust habe, schlafe ich des Öfteren am Ufer der Mosel,was liegt dann näher, als die Landschaft zu skizzieren,aufzugreifen. Lichter im Rauch und Nebel haben mich immer fasziniert, dann lösen sich unnötige Details zu einem Großen und Ganzen auf.

(FR) : Oui, les paysages de Guénange – ils proviennent d’une opposition. Les magnifiques couchers de soleil sur la Moselle suggèrent les vacances, la plage, le beau temps et peut-être même un peu les mers du Sud. À Guénange, les particules de pollution dans l’air dues à l’autoroute adjacente – la plus fréquentée de France – créent ces couchers de Soleil particuliers.
Guénange est une communauté multinationale avec des habitants très sympathiques dans l’ancien bassin industriel lorrain.
D’où est-ce que je sais tout cela ? Je collabore avec le jumelage entre Guénange et Laer (où j’habite depuis 20 ans) et je m’y suis fait beaucoup d’amis qui me sont chers.
Je suis moi-même né dans une ville de la Ruhr (Ahlen/Westphalie) et j’ai grandi avec les mineurs. Là-bas, on acquiert une vision de ce qui est essentiel… Nous avons tous les mêmes problèmes, ce qui nous rend solidaires. Quand j’en ai envie, je dors très souvent sur les rives de la Moselle et qu’y a-t-il de mieux que d’esquisser le paysage, de le saisir. La lumière dans la fumée et le brouillard m’a toujours fasciné, car cela dissout les détails superflus dans un ensemble homogène.

(All) : Sie sind der erste Künstler, der seit 1995 in Verdun ausgestellt ist. Was könnten Sie uns dazu sagen ?
(FR) : Vous êtes le premier artiste allemand à être exposé à Verdun depuis 1995, vous nous en parlez ?

(All) : Die Frage ist so nicht ganz richtig gestellt; also, ich bin dort nicht ausgestellt. Es gibt ja tatsächlich Künstler, die als lebendige Skulptur sich selbst ausstellten, der Totalkünstler Timm Ulrichs zum Beispiel. Richtig ist, dass ich der erste deutsche Künstler bin, dessen Werk nach dem Grande Guerre in Verdun 1995 als Resumee in der Chapelle Buvignier, einer ehemaligen Kirche, gezeigt und beachtet wurde. Dr. Maurin (Vater von Elisabeth Maurin) war Bürgermeister von Combres s./l. Cotes (55), dieser Ort wurde von deutschen Soldaten im ersten Weltkrieg völlig zerstört. Bei Besuchen in meinem Atelier waren Claude und Monique Maurin von meiner Arbeit derart überzeugt, dass sie meinten, einen Ausschnitt davon unbedingt in Verdun zu präsentieren. Als Bürgermeister von Combres setzte sich Dr. Maurin mit dem Kulturamt von Verdun in Verbindung und so kam die Ausstellung zu stande.

(FR) : Alors ce n’est pas exactement ça, je n’y suis pas exposé moi-même. Il y a en effet des artistes qui s’exposent eux-mêmes en tant que sculptures vivantes, comme par exemple l’artiste Totalkünstler Timm Ulrichs.
Pour être exact, je suis le premier artiste allemand dont l’œuvre a été exposée et reconnue après la Grande Guerre à Verdun en 1995 dans la chapelle Buvignier, une ancienne église.
Le Docteur Maurin (père d’Elisabeth Maurin) était le maire de Combres-sous-les-Côtes (55) et cet endroit a été complètement détruit par les soldats allemands durant la Première Guerre Mondiale. À chaque visite dans mon atelier, Claude et Monique Maurin étaient tellement convaincus par mon travail qu’ils disaient vouloir en présenter une partie à Verdun. En tant que maire de Combres, le Dr. Maurin s’est mis en relation avec l’office culturel de Verdun, ce qui a permis à cette exposition d’exister.

(All) : Der Zweite Weltkrieg ist ein wichtiges Thema, das man in Ihren Werken wieder finden kann. Hat er Ihre künstlerische Betrachtungsweise beziehungsweise ihren Blick geändert ?
(FR) : La seconde guerre mondiale est un sujet important que l’on retrouve dans vos œuvres, cela a changé votre vision artistique ?

(All) : Das mag sein oder auch nicht, ich bin 1953 geboren, vor einem ehemaligen KZ/Kriegsgefangenenlager, dort wohnten Flüchtlinge, die völlig arm und zerlumpt aussahen. Das macht sensibel. Um mich herum waren lauter Kriegskrüppel, ohne Arm oder Beine, ohne Stirn. Auch mein Vater, er war gerade 18 geworden, kam in den letzten Kriegstagen an die Ostfront und bekam bei seinem ersten Einsatz einen Granatsplitter in den Hinterkopf. Er war sein ganzes Leben schwerbehindert, studierte Anfang der 50er Jahre an der pädagogischen Hochschule und wurde ein engagierter Lehrer in der Bergarbeiterkolonie ( dort lernte ich dann auch die Arroganz von sogenannten Bildungsbürgern kennen ). Mein Vater zeigte mir in meiner Kindheit schon die Dokumentationen über den ersten und zweiten Weltkrieg und die sinnlosen Verwundungen und Zerstörungen,all das, wozu Haß und Nationalismus führen. (Filme wie: « Die Brücke » und « Im Westen nichts Neues »gehörten zum Programm nach der Devise: vergiß das nie) Für mich gab es keine heile Welt, diese Begegnungen spielten für mich in der Kindheit eine große Rolle, da gab es auch keine Tabus. Also für mein späteres Malerleben war ich bestens geimpft, meine Empfindung geschärft.

(FR) : Peut-être que oui, ou peut-être que non. Je suis né en 1953 devant un ancien camp de prisonniers et de concentration. Des réfugiés y vivaient et avaient l’air d’être très pauvres et en lambeaux. Cela rend sensible. Autour de moi, il y avait des mutilés de guerre, amputés parfois d’un bras, d’une jambe ou même du front.
Mon père aussi, qui venait d’avoir 18 ans à peine, a été envoyé durant les derniers jours de la guerre sur le front Est et a reçu, pendant sa première bataille, un éclat de grenade à l’arrière de sa tête. Handicapé pendant toute sa vie, il a étudié au début des années 1950 à la Haute École Pédagogique et a été engagé comme professeur dans la colonie minière (j’y ai découvert ensuite l’arrogance des soi-disant classes supérieures).
Durant mon enfance, mon père m’avait déjà montré des documentaires sur la Première et la Seconde Guerre Mondiale ainsi que les blessures et destructions insensées, toutes ces choses qui mènent à la haine et au nationalisme (des films tels que Die Brücke (Le Pont) et Im Westen nichts Neues (À l’Ouest rien de nouveau) qui appartenait au programme répondant à la devise : ne jamais oublier). Pour moi, il n’y avait pas de monde sans problème ; ces rencontres ont joué pour moi un rôle majeur durant mon enfance, il n’y avait alors pas de tabou. Ainsi, pour ma vie future de peintre, j’étais « vacciné » et avais une perception aiguisée.

(All) : Sind Sex, Tod, Schmerz, Farben und Formen eine Hilfe für Sie, um Kunst zu erschaffen ?
(FR) : Le sexe, la mort, la souffrance, les couleurs, les formes vous aident à créer ?

(All) : Nein, meine ersten Kunstobjekte kamen aus der Beuys’schen Ecke, eine Flaschensammlung mit allen Produktabfällen um das Thema « Bett », also vom Präservativ bis hin zum ausgefallenen Haar, alles was anfiel. Ich konnte mich damit aber nicht genügend artikulieren, also studierte ich neben der Kunstpädagogik auch Malerei an der Fachhochschule Münster (1976 bis 1980 (Max Doerner, Malmaterial und seine Verwendung im Bilde)). Ende der 70er Jahre hat dann ein Arschloch die Flaschen (drei Jahre « Bett ») in meiner Abwesenheit in die Mülltonne geworfen und vernichtet. Wichtig für mich waren (und sind auch noch) Gustav Mahler und Nietzsche. Mit dieser Musik entstehen Bilder durch einen Zündfunken ganz von selbst.
Sex und Tod sind ja das ganz normale Leben und Kunst ist die vielfältige Auseinandersetzung mit dem Leben; man sollte also die Sachen gut kennen von denen man malt oder spricht, sonst wird es Krampf…

(FR) : Non, mes premières œuvres étaient marquées par l’influence de Beuys, une collection de bouteilles avec des déchets sur le thème « Bett » (lit), donc tous ce qu’on peut y trouver : des préservatifs jusqu’à des chutes de cheveux.
Mais je ne pouvais pas assez m’exprimer avec cela, alors à côté de la pédagogie artistique, j’ai étudié la peinture à l’École supérieure de Münster (1976 à 1980 (Max Doerner, le matériel de peinture et son utilisation)). À la fin des années 1970, un enfoiré a jeté les bouteilles (3e année de « Bett ») à la poubelle en mon absence ; elles étaient alors détruites. Ce qui était important pour moi (et qui l’est toujours aujourd’hui), c’était Gustav Mahler et Nietzsche. Avec cette musique se créent des images à travers une étincelle de créativité, presque par elles-mêmes.
Le sexe et la mort, cela fait partie de toutes vies et l’Art est une approche plus profonde de la vie. On devrait alors bien connaître les choses dont on parle ou que l’on peint si on veut réussir sans problème ce que l’on veut entreprendre.

(All) : Was motiviert Sie ? Was inspiriert Sie ?
(FR) : Qu’est-ce qui vous anime/inspire ?

(All) : Das Leben an sich inspiriert mich; Widersprüche motivieren mich…

(FR) : La vie en elle-même m’inspire ; les contradictions me motivent…

(All) : Ich habe mich förmlich verliebt in Ihr Portät von Josef Schmitz. Die Blau- und Gelbtöne, die deutlichen Linien und die Kurven erinnern mich an mein Idol Kandinsky. Könnten Sie mir die Geschichte dieses Gemäldes erzählen ?
(FR) : Je suis tombée amoureuse du portrait de Josef Schmitz. Les bleus, les jaunes, les lignes brutes, les arrondis me font penser à Kandinsky (mon maître). Pouvez-vous me raconter l’histoire de ce tableau ?

(All) : Die Besitzer auch ( ;-))) ). Es ist das erste Mal in meinem Leben, dass mich jemand mit Kandinsky in Verbindung bringt. Die Geschichte kann ich Ihnen nicht erzählen, weil sie auf die Privatsphäre eines großen europäischen Sattelschlepperkonstrukteurs zielt und über die haben wir Verschwiegenheit vereinbart, vielleicht soviel: sie ist auch Deutsch- Französisch…

(FR) : Les propriétaires aussi ( ;-))) ). C’est la première fois de ma vie que quelqu’un fait une comparaison entre moi et Kandinsky. Je ne peux pas vous raconter l’histoire de ce tableau car elle se concentre sur la vie privée d’un des principaux constructeurs de semi-remorques routiers européens, et à ce propos j’en ai convenu de garder le secret. Mais voilà le peu que je puisse vous dire, cette histoire est également franco-allemande…

(All) : Die Pastelbilder scheinen just aus einem Traume zu kommen. Unscharf, dunkel, rätselhaft, die Linienführung ist außergewöhnlich. Könnten Sie vielleicht hier, auf der Stelle, eine Skizze machen ?
(FR) : Les pastels semblent tout droit sortis d’un rêve. Flous, sombres, énigmatiques, le tracé est extraordinaire. Vous me feriez une esquisse, là, maintenant, tout de suite ?

(All) : Das könnte ich. Ich arbeite aber niemals unter der Öffentlichkeit – ich verabscheue Zuschauer und Selbstdarsteller beide gleichermaßen, also die Pose. Es ist eine 10- Fingerübung, Training sozusagen, nach 10 bis 20 Minuten ist alles beendet, Haarspray drauf und ab in den Schrank. Für die 10 bis 20 Minuten benötige ich allerdings einen Tag und eine Nacht Speicherung im Kopf, um das zuvor Gesehene auf sein Wesentliches zu reduzieren. Das Pastel ist für mich die Ehe von Linie und Farbe, die ich als gleichwertig betrachte (übrigens, die besten Farben kommen aus dem Haus Sennelier, Paris). Sind Sie in der Lage eine reduzierte Landschaft mit
nur einem Punkt zu machen ? Ich kann es.

(FR) : Je pourrais, oui, mais je ne travaille jamais en public – je déteste pareillement les auditoires et les auto-promoteurs, donc la représentation publique.
C’est un exercice à dix doigts, un entraînement pour ainsi dire, en dix à vingt minutes c’est réglé avec un passage de laque et je le mets dans le placard. Mais pour ces dix à vingt minutes, il me faut déjà un jour et une nuit de réflexion pour réduire ce que j’ai vu à son essence. Pour moi, la pastel est le mariage entre les lignes et les couleurs, ce que je considère comme équivalent (par ailleurs, les meilleures couleurs viennent de la maison Sennelier, Paris). Seriez-vous en mesure de faire un paysage réduit avec un seul point ? Moi, je le peux…

(All) : Und nun die letzte Frage: Ein Tag mit Hain Eric Diekel wäre…
(FR) : Une journée avec Haïn Eric Diekel, ce serait…

(All) : Der Keim einer Freundschaft, der Keim eines Portraits, der Keim eines guten Abendessens aus des Malers Küche ( (auch Kochen ist Kunst) Coq au vin oder Cassoulet mit mehreren Flaschen vin de Bourgogne oder Minervois), der Keim einer mindestens einmonatigen Motorradwanderung unter freiem Himmel durch West-Südwesteuropa oder ein verlorener Tag…

(FR) : Le début d’une amitié, le début d’un portrait, un bon dîner dans la cuisine d’un peintre (cuisiner est aussi un Art) avec un coq au vin ou un cassoulet et plusieurs bouteilles de Bourgogne ou de Minervois, une randonnée en moto d’au moins un mois en plein air dans le Sud-Ouest de l’Europe ou bien une journée off…