freakyhoody.

« Le truc est de choisir le tatoueur, et non le motif. Ensuite, on peut donner quelques idées, une ou deux lignes directrices, et c’est tout. »

facebook : freakyhoody / instagram : @freakyhoody

FreakyHoody, pourquoi avoir choisi ce nom alors que justement tu souhaites te montrer ?

Le pseudo FreakyHoody vient du fait que :

  • J’ai en quasi permanence une capuche vissée sur la tête (et ce quel que soit la saison, d’où le nombre plus important de contrôles de police en été haha) (« hood » en anglais veut dire capuche, Robin Hood = Robin la capuche, et non pas Robin des bois, merci la traduction de l’époque !) et
  • Freaky est un hommage aux cirques de monstres d’il y a environ un siècle, les freak shows, où l’on croisait femmes à barbe, unijambistes, albinos, obèses maladifs et autres tatoués, curiosités, MONSTRES de l’époque, destinés à choquer et effrayer le spectateur.

En plus, je fais très peur aux vieilles dames à Auchan, on retombe donc sur nos pieds.

Je ne souhaitais pas spécialement me montrer au début, ce n’est que lorsque j’ai commencé à me faire tatouer les parties « incachables » que, forcément, ça a commencé à se voir. Mais je n’ai pas attaqué le cou ni les mains avant que mes deux bras, deux jambes, mon dos et tout le reste soit recouvert, et jusqu’alors très peu de gens savaient que j’étais tatoué ; je portais en permanence des pantalons et des manches longues. C’est quand j’ai vu que ça plaisait que je me suis dit que je pourrais m’amuser avec, et que j’ai commencé à m’en servir, après avoir été démarché par des agences ou pour mes premiers projets artistiques autres que le tatouage en soi.

Tu peux nous parler de Tipeee ? La « récolte » est-elle à la hauteur de ce que tu espérais ?

J’ai effectivement créé une page Tipeee, destinée à financer ma deuxième couche (je suis en plein achat immobilier…) mais je n’en fais pas la promotion : les gens qui souhaitent vraiment contribuer à mon projet pourront la trouver facilement.

Ton corps a subi des transformations (physique et de recouvrement avec les tatouages) depuis quelques années. Tu arrives au bout des objectifs que tu t’es fixé ?

Mon premier objectif était d’être entièrement couvert, des pieds à la tête, ce qui est fait, puisque ma première couche est terminée. Je me vois maintenant comme un mur, sur lequel une première couche de graffitis a été apposée, avant d’être recouverte par une deuxième, puis une troisième, etc. J’ai entamé la deuxième couche cette année, des lignes noires sur les couleurs, ce qui les fait ressortir encore davantage ; je finirai tout noir à 80 ans ☺

Il est très triste de se dire que « c’est terminé », et ce quel que soit le projet dont on parle. Et quand on n’avance pas, on recule, donc…

On ne peut voir les expressions de ton visage qu’à travers ton regard. Es-tu confronté au « malaise » des gens lorsqu’ils te parlent ?

C’est faux, on peut voir les expressions de mon visage grâce… aux expressions de mon visage ! Mon regard y compris. Il ne faut pas se fier aux photos pros sur lesquelles on me demande souvent de rester très sérieux et de faire passer beaucoup d’intensité, mannequinat oblige.

Si vous aviez échangé avec moi IRL, vous vous en seriez aperçus 😉

Les gens ne sont pas mal à l’aise, juste surpris ou curieux. Et s’ils le sont, de toute façon, ils ne viennent pas me le dire directement. C’est aussi un des avantages : le filtre social. Je perds moins de temps à faire le tri parmi mes interlocuteurs, mon apparence s’en charge pour moi !

Tu divises ton corps en deux parties : la gauche pour le old school, la droite d’inspiration japonaise. Les deux se marient très bien, racontes-nous ?

À la base effectivement, le côté gauche de mon corps était d’inspiration old school / rock, et le côté droit plus japonisant, apaisé ; la dichotomie entre le côté énergique et le côté cool fonctionnait bien et reflétait mes inspirations. Puis j’ai commencé à verser dans le géométrique et le new school, et comme je suis allé très vite pour boucler la première couche (moins de quatre ans), les différents artistes y travaillant ont pu mettre au point des transitions parfaites qui font de l’ensemble une pièce unique, dans le sens où je considère n’avoir qu’un seul tatouage.

Ma deuxième couche (blast over) s’oriente très clairement vers le géométrique comme mentionné précédemment, et j’en suis très heureux ! On verra la suite, c’est très enthousiasmant de ne jamais percevoir de fin, de toujours voir une évolution, véritable fil rouge artistique.

Combien as-tu de pièces sur le corps ? Parles-nous de la cinquième.

Je n’ai qu’une seule pièce sur le corps :). Je considère le tout comme un et un seul tatouage, il m’est donc difficile de parler d’une pièce en particulier sans qu’on me la désigne directement. Pour tenter de faire preuve de bonne volonté, le cinquième « projet » serait mon dos, première pièce faite en France, après les deux bras, les pectoraux et la jambe droite achevés les deux premières années à Londres.

Sur mon dos donc, on peut voir un masque géant, avec du côté gauche une moitié de crâne traditionnel, et du côté droit une moitié de démon japonais, yōkai. Je voulais un grand masque, et que ça respecte la séparation tatouage japonais / tatouage old school de l’époque, et c’est particulièrement réussi.

Comment sont réalisés tes tatouages ? Tu dessines, ton ou tes tatoueurs s’inspirent des cultures qui te sont propres… ?

Le truc est de choisir le tatoueur, et non le motif. Ensuite, on peut donner quelques idées, une ou deux lignes directrices, et c’est tout. Plus on laisse carte blanche à l’artiste, plus il sera content, plus il s’épanouira, et plus nous aussi, du coup, on sera heureux du résultat. La principale erreur des gens est d’arriver avec un motif imprimé, qu’ils imposent à l’artiste : personne n’est satisfait, et la chance d’être déçu une fois la pièce achevée est grande ; on ne demande pas à Dali de faire du Gauguin.

Choisissez l’artiste et son univers, et laissez faire !

Ton visage et ton cou sont encrés par le même tatoueur, Romain Pareja. Et pour le reste ?

Romain Pareja, patron du shop Hand In Glove à Paris, a effectivement tatoué l’ensemble de mon visage, de ma tête et de mon cou, à l’exception du symbole Ôm.

Il a également commencé ma deuxième couche, en l’occurrence mon bras gauche.

Pour le reste, je peux citer TomasTomas, de Seven Doors Tattoo à Londres, qui a fait le dit Ôm, mon ventre et mes parties génitales, ainsi que les plantes de mes pieds notamment.

Lucy Pryor a réalisé mon « premier » bras gauche, James Lovegrove mon bras droit et ma jambe droite, Hugo Fulop mon dos et ma jambe gauche, Steve Vinall le haut de mon torse et bien entendu Cokney (Hand in Glove également) mes flancs.

Dans l’équipe on est tous tatoués. Chacun a des artistes préférés. Quels sont les tiens ?

Au-delà des gens qui m’ont tatoué (cités dans la réponse précédente) et avec lesquels j’ai développé une relation que je crois bien plus profonde désormais (tout particulièrement Romain Pareja, TomasTomas et James Lovegrove qui sont des artistes mais également simplement des hommes d’exception), les artistes tatoueurs qui m’inspirent le plus sont Curly Moore, Sam Rivers Curiosities, Duncan X, Gakkin, Jondix, Alex Binnie, Tas Danazoglou et pour les Français Fabingg, Rafel Delalande, Barbe Rousse Tattoo, Beninglov, Guy le Tatooer.

As-tu un regret : celui de ne pouvoir encrer un nouveau dessin faute de place ?

La place, on en trouve toujours, à l’infini même, comme je l’explique plus haut. Je n’ai donc aucun regret de ce côté là non plus, quand y’en a plus, y’en a encore !

Qu’est-ce que tu n’as jamais dit en interview et que tu dirais juste pour nous ?

J’ai vomi sur les pieds d’un prix Nobel, j’ai frappé à la porte du bureau d’un premier ministre avant de partir en courant et en riant, je suis un fan de la première heure des Musclés.

Tu définis ton corps comme une œuvre d’art à part entière. Il te reste les ombres à faire sur le visage, peut-être sur la paume des mains, iras-tu jusqu’à modifier tes yeux ?

Ma première couche est totalement terminée, les ombres sur mon visage sont des fonds japonais, et j’ai déjà fait tatouer… trois paumes, puisque celle de gauche y est repassée. Je ne pense pas toucher au blanc de mes yeux ; on ne possède pas encore assez de recul pour se prononcer sur l’éventuelle dangerosité de cette opération.

De plus, dans la nature, tous les yeux des mammifères sont blancs, ce n’est pas par hasard. Obscurcir ce blanc pourrait nuire à l’équilibre global de l’organe et à la vision en général… même si c’est au conditionnel, j’aimerais éviter de prendre le risque de m’handicaper. Si un collectif de médecins et de scientifiques démontre l’absence de danger, alors on verra !

On a pu te voir dans Miss Tattoo France 2018, une belle expérience ?

J’étais membre du jury de Miss Tattoo France 2018, et j’avoue avoir été agréablement surpris par le professionnalisme de Jérôme Lévy, le producteur, ainsi que de toute son équipe et du sérieux des Miss. Un vrai show a été offert aux spectateurs, pendant plus de deux heures, et le choix de la miss n’a vraiment pas été une sinécure, nous avons eu de vrais débats passionnés en coulisse !

Une très belle expérience donc, un vrai boulot, que je vais renouveler plusieurs fois dans les mois à venir, puisqu’on m’a invité à des conventions de tatouages un peu partout en France dans lesquelles en plus de simplement poser avec les gens et d’animer certains stands, j’aurai mon avis à donner lors des traditionnels concours.

Quelle est la question que je ne t’ai pas posée, à laquelle tu aimerais répondre ?

Tu ne m’as pas posé la question d’où me suivre !

Sur instagram, sur facebook (et autres) aussi, au même pseudo ! Tu ne m’as pas demandé non plus si j’étais disponible pour tous types de projets artistiques ! Vu que je suis déjà apparu dans des séries, des films, des émissions tv, des clips, des événements mondains, des défilés… la réponse est oui, n’hésitez pas à venir m’en parler par mail freakyhoody@gmail.com 😉

Merci autopsiart et à bientôt !