dvnte oner.

« Je veux tester de nouvelles matières et développer une certaine spontanéité dans le trait, ça me paraît important ».

facebook : dvnte oner / instagram : @danteoner

Vous signez Dante pour Dvnte Oner. On remarque la subtilité du « v » inversé. Vous nous expliquez votre histoire.

L’histoire, on en est encore au début ! (j’espère) Dante, c’est un mode de vie, bien plus que cela, une philosophie ! Non plus sérieusement, j’ai commencé à peindre il y a quelques années déjà. Auparavant, j’aimais le dessin, alors le tout s’est vite marié. Par la suite, j’ai également découvert le travail des typographes, des illustrateurs… Il y a beaucoup de choses qui m’ont inspiré mais aussi d’autres arts comme la musique, etc.

Aujourd’hui, j’essaye de créer un univers autour de tout cela, quelque chose qui me représente. Je reste quand même dans l’expérimentation. Des choses avancent, d’autres stagnent, j’abandonne certaines idées, j’en reprends d’autres. Je me nourris également du quotidien. J’alterne souvent entre des périodes où je vais faire du lettrage et d’autres où je vais faire des personnages. Parfois, je fais les deux en même temps même si ces derniers temps, je suis pas mal sur le personnage.

Lettrage, graffiti, dessin, mur, camion, palette… quel(s) support(s) et quelle(s) technique(s) vous manque-t-il ?

Il me manque la nouveauté, que ce soit au niveau des supports qu’au niveau des techniques ! Expérimenter et trouver de nouveaux supports, c’est la base du combat contre la routine ! Après, la sculpture me tente bien, la bande-dessinée aussi, il faut se lancer. J’ai beaucoup plus d’envies que de temps pour les réaliser. Après, c’est difficile de parler d’un manque parce que ce sont des domaines que je ne connais que très peu mais ça serait plus de nouvelles choses que j’aimerais essayer de pratiquer. Pour la peinture, je veux tester de nouvelles matières et développer une certaine spontanéité dans le trait, ça me paraît important.

Vous intégrez votre petit « b-boy » casquette vissée sur la tête dans vos créations. Qu’est-ce qu’il représente pour vous ?

C’est la personnification d’une nuit d’errance dans la capitale, d’un mégot écrasé au petit matin sur fond sonore des premiers métros. C’est un rêveur né, un maître dans l’art de l’oisiveté (il y a peut-être un peu de moi là-dedans…).

Il y a du Maye dans vos œuvres, on a vu juste ?

La comparaison me touche beaucoup, j’ai découvert son travail l’année dernière et j’ai pris une énorme claque ! Dans les grandes lignes, c’est vrai que les thématiques abordées sont à peu près les mêmes comme ce travail du personnage qui évolue dans un milieu onirique. Pourtant, je le faisais déjà avant de découvrir son travail et malgré l’admiration que j’y porte, (le type est très fort !), j’essaye de créer un univers singulier.

On aime « Un peu de légèreté dans ce monde de putes », « Paris Nord encore et encore », « Mangeurs de pierres », « Welcome Mr Auguste », on en a plein la vue ! Sur laquelle vous avez pris le plus de plaisir ?

C’est difficile de quantifier le plaisir et de comparer, je me suis éclaté sur tout ! J’aime bien trouver la punchline ou le jeu de mots qui fera sourire les gens, que ça soit de moi ou tiré d’un texte de rap, d’un livre ou autres. « Welcome Mr Auguste », c’était pour un heureux événement, c’est peut-être la plus positive au final !

Couleurs chaudes ou froides ; les noirs, les deux vous vont très bien. Leurs utilisations dépendent du moment, de l’envie, de la commande…

… de l’envie sur le moment héhé ! J’avoue que les bleus me parlent et plus globalement les couleurs froides pour le calme qu’elles inspirent. J’utilise le noir et blanc également mais plus en dessin. Et ces derniers temps, je me mets également à utiliser d’autres couleurs comme le beige, les ocres etc. Comme quoi !

Que représente le Mur des 3 Couronnes pour vous ?

Une sacrée aventure ! À l’époque où l’on a fait ce mur avec Cannibal Letters, on ne peignait que le week-end. Mais à cette même époque, il pleuvait ! Grâce à la pluie, on a fait beaucoup de pauses avec les gens de là-bas ou des passants. Au final, c’était un vecteur de rencontres. Un mur ne représente que les souvenirs que l’on a passés dessus, le résultat finira sur un disque dur usé. (Si un jour j’ai une biographie, je veux que la dernière phrase y figure)

50 cl by Dante, Pimawie et Cannibal Letters : un nouveau départ ?

Dire que c’est un nouveau départ serait un bien grand mot, c’est plus le résultat d’un brassage entre l’amitié et le goût du travail bien fait. Un amour de la bière en commun et beaucoup de temps à y consacrer (eh oui rien que ça !).

Cela fait quelques années que l’on se connait et que l’on travaille « les uns à côté des autres ». C’est comme ça que l’on a créé 50 cl et on se complète bien dans le travail. On garde chacun nos occupations en parallèle mais ce collectif va nous permettre d’expérimenter de nouvelles choses ou façons de gérer les projets. « JINGLE PUB » : N’hésitez pas à aller jeter un œil sur Facebook ou Instagram, nous avons de belles cuvées en cours !

Pilule bleue ou pilule rose, combien ont suivi Dante dans les limbes de la capitale ?

Héhé, je ne peux pas dire car malheureusement, nous n’avions pas mis de compteur. Ce qui est sûr, c’est que l’on a utilisé 20 kg de dragibus (les visiteurs avaient le choix entre deux couloirs et il y avait des dragibus en guise de pilule) donc un paquet de monde j’imagine ! L’événement (REHAB2) a fait environ 50 000 entrées ! Salut à l’équipe de bitume streetart, kesadi ! En tout cas, l’installation que l’on avait réalisée avec Piman, Cost et Cannibal Letters a bien plu. Merci à tous ceux qui sont venus grimper sur les toits de Paris !

On trouve quoi dans votre boîte à outils ?

Des crayons et des stylos en tout genre, des mégots, de l’acrylique, des potes, des gens qui me soutiennent, des bières, des fous rires, une gomme dont je me sers peu.

Si Dante croquait autopsiart, ça donnerait quoi ?

Je n’ai pas eu le temps désolé ! Sans doute un gros lettrage coulant d’un écran d’ordi avec tout plein d’objets pris dedans.

En 2018, on vous croisera le plus souvent où ?

Je n’ai pas encore fait mes plans mais je pense que je serai souvent à l’atelier tant que ça dure (dédicace au collectif 23), dans les rues de Paris ou en bord de mer, essayer de voyager un peu… qui sait ?

Quels sont vos super-héros ?

Ahah, je ne suis pas très super-héros mais j’imagine quelqu’un, qui n’a pas forcément vocation à sortir dans sa ville en slip avec une cape et tout son égo, pour battre des gens qu’il juge méchants, ça ferait du bien. Super-rien et Super-inutile, je les avais imaginés il y a longtemps !

Quelle est la question que je ne vous ai pas posée, à laquelle vous aimeriez répondre ?

Pffffiou aucune, les questions étaient top ! Merci encore à vous.