bault.

« Le temps du croquis est indispensable ».

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Qui est Bault ?

Un grand maigre avec les mains sales.

Tu as commencé par le graffiti en 1997 dans le sud de la France avec les crew TK à Sète, TSH et FDP à Avignon. Des expériences enrichissantes ?

TK, c’est une histoire d’amitié, un groupe de potes et une passion commune. C’est à cette période que j’ai réalisé mes premiers personnages. Les TSH, c’était les grands, Mezo, Ahero, Brece… Ils nous prenaient sur les terrains, les voies ferrées…

Tu as mis de côté le graffiti pendant dix ans, pourquoi ?

Je suis rentré aux Arts Décoratifs, j’ai pris une grosse claque, il y avait trop de trucs à essayer. On pouvait toucher à tout, expérimenter, chercher, s’essayer à la céramique et en même temps faire de l’art vidéo, le panel de disciplines était énorme.

Ce que je retiens de cette période, c’est que le dessin est la base de tout, chaque projet est pensé et dessiné en même temps. Le temps du croquis est indispensable et il est complètement lié à ma vie, c’est un besoin naturel. Pour répondre à ta question, le graffiti, le fait d’écrire ou de dessiner dans des lieux improbables, je ne l’ai jamais vraiment quitté.

Aujourd’hui, le street art t’évoque quoi ?

Du très bon et beaucoup de vraiment pas bon. Des slips Monoprix.

Quels sont les artistes qui retiennent ton attention ?

Assez fasciné par le travail de Bom.k, la technique est assez bluffante.

Peu de femmes (mais de plus en plus) évoluent dans le street art, qu’en penses-tu ?

J’aime les femmes, j’en pense que du bien, j’en veux plus.

Est-ce que les artistes de rues, dessinateurs, graphistes, illustrateurs, etc. ont un rôle à jouer dans la société ?

Depuis les premières peintures rupestres jusqu’à « cloaca » de Wim Delvoye en passant par Soulages, le rôle de l’artiste, du faiseur d’image est indissociable de notre société. Il la trace, la pense et la régurgite. Les graphistes, j’en suis moins sûr.

Est-ce que tu es généralement satisfait de ton travail ?

Très peu mais j’essaye de faire des efforts.

Bault, c’est des couleurs, des animaux difforment, des têtes de mort… tu peux nous expliquer tes créations.

Je travaille de plus en plus en série et chacune est une entité à part entière. Il y a une thématique, souvent obscure et je viens y rattacher des éléments de mon vécu, des lectures, des rêves. C´est un univers anti-totalitaire et complètement ouvert.

L’expo de OUF III à Nîmes, un succès ?

Oui, une belle bande de ouf. On a bien rigolé. C´est un beau projet et je crois que, vu l’état du quartier Gambetta, ça ne peut pas lui faire plus de mal.

Une journée avec Bault, ce serait…

En ce moment, c’est assez réglé : activité numérique le matin et aprem en atelier jusqu’à ce que mort s’en suive.

Qu’est-ce qu’il y a dans ta boîte à outils ?

Un critérium 0,9 mm avec des mines 2B et une gomme.

De futurs projets ?

Oui, pas mal d’expos, de festivals, une expo solo à la fin de l’année.

Autopsiart, tu réponds…

Dissection artistique ?

Quelle est la question que je ne t’ai pas posée et à laquelle tu voudrais répondre ?

Pourquoi tout ça ? Parce ce que.